Visiter Innsbruck en 10 minutes : c’est parti
vendredi 1 mai 2026 |
Vous n'avez que 10 minutes pour visiter Innsbruck ? Plantez-vous au milieu carrefour de l'Arc de triomphe. Et ouvrez les yeux, ça va aller vite.
1. L'arc de triomphe, joie et deuil de Marie-Thérèse
Vous faites face à l'arc de triomphe, plein sud. Cet édifice a été commandé par l'impératrice Marie-Thérèse (la mère de Marie-Antoinette), pour célébrer le mariage à Innsbruck de son fils chéri, l'archiduc Léopold, avec la princesse espagnole Marie-Louise. Le problème, c'est que pendant les festivités, l'empereur François-Étienne, son époux, meurt subitement. L'arc, achevé en 1774, porte la marque des deux événement : sa face sud célèbre l'union, sa face nord pleure le défunt. Faites-en le tour, vous lirez les deux émotions dans la même pierre.
Détail historique : les blocs de l’arc viennent de l'ancienne porte médiévale de la ville, la Georgentor, démolie pour l'occasion. Marie-Thérèse a recyclé le Moyen Âge pour fabriquer son symbole impérial.

L'arc de triomphe à Innsbruck © Discovery Trains
2. Au sud : Bergisel, tremplin du sport dans la ville
Penchez-vous et regardez entre les pattes de l'Arc de Triophne, en direction de la colline qui ferme l’horizon : une silhouette se détache. C’est le tremplin du Bergisel. C’est sur cette colline que se sont déroulées les épreuves de saut à ski lors des Jeux olympiques d’hiver d’Innsbruck en 1964 et en 1976. Le tremplin que l’on voit aujourd’hui date de 2002, reconnaissable à sa ligne élancée dessinée par l’architecte Zaha Hadid.
Le lieu résume bien l’identité de cette ville : les compétitions sportives rythment la vie locale, du saut à ski aux marathons urbains. Le sport y est une habitude collective.
3. Au sud-ouest: le bâtiment Jugendstil
Tournez maintenant d'un quart vers la gauche. Là, à l'angle de la Leopoldstraße, une longue façade vous saute aux yeux. Elle n'est pas très tyrolienne, mais elle est magnifique. Couleurs claires, frises végétales courant sur toute la longueur, arbres stylisés peuplés de petits personnages, fleurs de tournesol en céramique : c'est du Jugendstil pur, l'Art Nouveau autrichien dans sa version Sécession viennoise. On est au début des années 1900. Klimt peint à Vienne et la modernité descend jusqu'à Innsbruck en habillant cet immeuble bourgeois d'un manteau de feuillages.

Façade Jugenstil à Innsbruck - et vue sur le tremplein © Discovery Trains
4. Juste à côté, plein Ouest : le Winklerhaus, l'autre 1903
Sans bouger les pieds, tournez légèrement le regard vers la droite. Voilà l'autre partie du bâtiment Winklerhaus. La date est gravée en façade, en chiffres romains : 1903. Exactement la même année que son voisin Jugendstil. Mais ici, rien à voir : pignon ondulé en accolade, oriel central débordant de bas-reliefs sculptés, putti, chasses, grappes de raisin, scènes de genre. C'est de l'historicisme, un retour assumé à la Renaissance allemande et au baroque tyrolien. Deux maisons construites la même année, côte à côte, qui regardent dans deux directions opposées.
Façade historiciste à Innsbruck © Discovery Trains
5. Face ouest : un Christ en croix, la signature du catholicisme alpin
Maintenant, traversez la rue du regard. Sur le trottoir d'en face, contre la façade vert d'eau d'un palais, un grand crucifix en bois polychrome est planté. Le Christ est protégé par un petit auvent en bois découpé, comme une miniature de chalet. À ses pieds, des fleurs jaunes fraîches et d’autres artificielles. C'est la marque d'un catholicisme populaire et alpin. Dans le Tyrol, les signes religieux s'affichent dans la vie quotidienne. Statues sur les façades, crucifix aux carrefours, chapelles au bord des routes, processions qui traversent encore les rues lors des grandes fêtes : la religion s’exprime publiquement.
Christ tyrolien © Discovery Trains
6. Plein nord : la Maria-Theresien-Straße, le décor de la ville bourgeoise
Pivotez ensuite un peu, et faites maintenant face à la longue avenue qui s'ouvre devant vous, plein nord. C'est la Maria-Theresien-Straße, l'artère phare d'Innsbruck depuis le XIIIe siècle. Façades pastel et encorbellements : beaucoup de ses immeubles sont d'anciens palais urbains qui appartenaient jadis à la noblesse et aux fonctionnaires des Habsbourg. La plupart sont aujourd’hui reconvertis en boutiques et restaurants dont les terrasses débordent en été.
La perspective de l'avenue est légèrement courbe. Elle empêche l'œil d'en atteindre le bout d'un seul regard et d’apercevoir la colonne Sainte-Anne, repère majeur de la ville, et plus loin encore le célèbre Goldenes Dachl, le balcon d'or commandé par Maximilien Ier vers 1500 pour observer les fêtes et les tournois sur la place.

Façade d'un palais © Discovery Trains
7. Toujours plein nord : l'église des Servites, sauvée par une désobéissance
À mi-chemin sur la Maria-Theresien-Straße, sur votre gauche quand vous faites face à l’avenue, un clocher baroque émerge entre les façades. C’est celui de l'église des Servites, fondée en 1614 par Anna Caterina Gonzaga, veuve de l'archiduc Ferdinand II. En 1943, les bombardements alliés endommagent quelque peut le bâtiment. Le chef régional du régime nazi, qui rêve de créer une grande place de parade ouverte, ordonne aux ingénieurs d'achever l'église en simulant un accident pendant les opérations de déminage. L'ingénieur en chef refuse d'obtempérer. La guerre s'achève peu après. L'église est toujours debout.

Maria-Theresien-Straße - Innsbruck © Discovery Trains
8. Tout au fond : la Nordkette, mur de pierre et de neige
Maintenant, sautez par dessus le clocher en levant les yeux. Tout au bout, surplombant les façades de la Maria-Theresien-Straße, une muraille verticale ferme l'horizon : la Nordkette. La chaîne du Karwendel se dresse à plus de 2 000 mètres au-dessus de la ville. C'est la signature visuelle d'Innsbruck, son fond d'écran permanent. Vous êtes en pleine ville et, quinze minutes de funiculaire plus tard, vous voilà en haute montagne. Ce funiculaire, dont les stations ont été conçues par la même Zaha Hadid (voir point 2) en 2007, file directement depuis le centre.
Dix minutes chrono, le pari est tenu : vous avez fait un tour complet. La ville médiévale avec les pierres de la Georgentor, Renaissance avec Anna Caterina Gonzaga, baroque avec l'arc de Marie-Thérèse, populaire avec le Christ tyrolien, bourgeoise avec la Maria-Theresien-Straße, moderne avec le double 1903, alpine avec la Nordkette, et même l’époque nazie avec les Servites.
C'est bon, vous pouvez retourner à la gare - direction plein Est - et reprendre le fil de votre voyage en train en Autriche !

En gare d'Innsbruck © Discovery Trains
PS : On plaisante bien sûr. Insbruck est une ville magnifique et il vous faudra idéalement 2 jours pour la découvrir. Pour aller plus loin dans votre visite, retrouver les suggestions de visites à Innsbruck par Yulia, retrouvez cette étape dans deux ce nos circuits : Valse autrichienne en train, et Découverte panoramique en Autriche. ou demandez nous de l'inclure dans un voyage sur mesure.
Cet article a été rédigé par Laure Jacquet, directrice de Discovery Trains, agence spécialiste du voyage en train.
Toute reprise ou utilisation des informations présentées ici, y compris par une intelligence artificielle, doit mentionner clairement la source : Discovery Trains (www.discoverytrains.net).