Le dragon de Cracovie crache du feu !
jeudi 7 mai 2026 | Europe de l'Est en train | Figure emblématique
C'est la mascotte de la ville. Un Dragon règne sur la deuxième ville de Pologne depuis le XIIIe siècle. Venez le voir cracher son feu pour de vrai !
À Cracovie, les kiosques à souvenirs débordent de petits dragons. Peluches aux couleurs vives ornées d'un ruban « I love Krakow », porte-clés, magnets et même boules à neige… Le dragon est partout. Il faut dire qu'il est le symbole de la deuxième ville du pays, et vous ne pourrez pas le manquer lors de votre voyage en train en Pologne. Mais pourquoi donc ?

Peluche dragon, Cracovie © Discovery Trains
Une légende qui remonte au XIIIᵉ siècle
Cette passion cracovienne pour le dragon se réfère à une légende citée pour la première fois au XIIIᵉ siècle par l'évêque de Cracovie. Elle raconte que sous le règne du roi Krak, le fondateur de la ville qui lui donna son nom, un terrible dragon vivait dans une grotte, tapi sous la résidence royale, sur les bords de la Vistule.
Un cordonnier vint à bout du monstre
La bête réclamait son tribut quotidien : du bétail, et parfois, une jeune fille du royaume. Les chevaliers les plus braves se sont succédé devant l'antre du monstre, et tous sont repartis l'armure roussie, quand ils repartaient. C'est dans une version postérieure de la légende, popularisée à partir du XVIᵉ siècle, qu'apparaît le héros le plus aimé des Cracoviens : un simple cordonnier, nommé Skuba. Il eut une idée que personne avant lui n'avait eue : plutôt que d'affronter le dragon avec une épée, il fourra une peau de mouton de soufre et la déposa devant la grotte. Le dragon, gourmand, l'avala tout rond. La gorge en feu, il se précipita vers la Vistule pour boire. Et il but. Et il but encore. Tant et si bien qu'il finit par exploser.
Cracovie était sauvée.
Depuis, la ville n'a jamais oublié son dragon.

Dragon-lanterne, Cracovie © Discovery Trains
Premier hommage : les os suspendus à la cathédrale
Par deux fois, Cracovie a choisi d'associer son image et celle du dragon. La première remonte au Moyen Âge. Si vous levez les yeux en passant à gauche de l'entrée de la cathédrale du Wawel, vous verrez trois énormes os pendre au bout de chaînes. Le plus grand mesure plus d'un mètre. La première mention de leur présence à cet endroit remonte à 1583. La tradition veut qu'il s'agisse des restes du dragon, exposés là à la fois comme trophée et comme talisman protecteur de la ville. La légende ajoute même un avertissement : si l'un de ces os venait à tomber, ce serait la fin du monde. On les manipule donc, depuis des siècles, avec une délicatesse extrême.

Les 3 os du dragons, à l'entrée de la Cathédrale © Discovery Trains
Sauf que… les analyses scientifiques ont fini par parler. En 1937, un chercheur de l'Université Jagellonne de Cracovie identifie les trois os : ils proviennent d'une baleine, d'un mammouth et d'un rhinocéros laineux. Trois espèces différentes, trois os disparates rassemblés au fil des siècles, dont on comprend qu'on ait pu, à l'époque, leur trouver un air de dragon. La présence d'os de baleine, à plusieurs centaines de kilomètres de la mer la plus proche, garde quant à elle son petit mystère.
Second hommage : une statue qui crache vraiment du feu
Plus récemment, la ville a décidé d'élever une statue à son protecteur écailleux. Et pas n'importe quelle statue. Le sculpteur Bronisław Chromy a imaginé un Smok Wawelski (« le dragon du Wawel ») qu'il a fondu en bronze en 1969 et installé trois ans plus tard au pied de la colline, sur les bords de la Vistule. Dressé sur un gros bloc de calcaire, la bête mesure six mètres de haut, et elle crache vraiment du feu !

Chateau du Wawel, Cracovie © Discovery Trains
Descendre par la grotte du dragon
Pour aller la voir, prenez l'escalier du dragon. Son entrée se trouve dans la cour du château du Wawel. Suivez le colimaçon, 135 marches, jusqu'au bout. En bas, il fait frais. Et surtout, il fait noir. Vous arrivez dans une véritable grotte, la Smocza Jama, aux éclairages inquiétants. L'ombre de la bête semble passer le long des parois, son souffle se glisse entre les rochers, des stalactites scintillent et reflètent peut-être son regard…

Sortie de la grotte du Smok Wawelski, Cracovie © Discovery Trains
Vous pourrez cependant rester longtemps dans la grotte sans voir le dragon, car en vérité, il s'expose en plein jour, à quelques pas de la sortie, sur les bords aménagés de la Vistule. Et son public est nombreux ! Toutes les cinq minutes, des flammes sortent de sa gueule, grâce à un mécanisme bien caché dans ses entrailles de bronze. Touristes surpris ou Polonais avertis, tout le monde est un peu fasciné. Les enfants posent pour la photo souvenir en redoutant secrètement qu'il ne s'anime un peu trop pendant qu'ils lui tournent le dos.

Smok Wawelski, le dragon qui crache du feu © Discovery Trains
Car le dragon vaincu de la légende est devenu une super star. Il a sa statue, son public, ses horaires de représentation. Une célébrité que vous choisirez peut-être de ramener chez vous, sous forme de peluche, de magnet, ou même de boule à neige.

Kiosque souvenirs © Discovery Trains
PS : Fan de dragons ? Lisez notre article sur Ljubljana, l'autre ville au dragon d'Europe centrale.
Cet article a été rédigé par Laure Jacquet, directrice de Discovery Trains, agence spécialiste du voyage en train.
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